LE COIN DE L'ASTRONOME de juillet 2013

Note utilisateur:  / 1
MauvaisTrès bien 

Les caprices de Phébus

A défaut d'évènements sensationnels au cours de ce mois, dédié à Jules César, car à part le retour de Mars et de Jupiter à l'aube et alors que Saturne va nous quitter peu à peu pour revenir le matin, mais après le 20 novembre, on ne prévoit que quelques conjonctions pas toujours spectaculaires. Ainsi je vais me retourner vers notre Soleil qui mérite un intérêt particulier et remonter à ses anciennes observations. Tout d'abord je rappelle que c'est le 5 juillet à 14h44 T.U. (soit 16H44 en heures légales d'été) que la distance Terre Soleil est maximale, c'est l'aphélie et nous sommes à 5 millions de km plus éloignés de lui que le 2 janvier dernier ou le 4 janvier prochain. Au lieu d'être à sa distance moyenne qui sert d'Unité Astronomique soit 149 597 870, 691 km, nous serons à 152 097 400 km et pourtant c'est le plein été depuis quelques jours. C'est la confirmation que nos saisons dépendent plus de l'inclinaison de la Terre, donc des rayons solaires, que la distance de l'astre.

Pendant des siècles et cela était dans la logique des observations, on a considéré la Terre comme centre du monde, le géocentrisme, en faisant tourner le Soleil, ce qui semblait évident au point qu'encore de nos jours, nous disons que le Soleil « se lève » ou se « couche » sans refuser l'héliocentrisme. Il m'arrive souvent d'avoir quelques difficultés à convaincre des curieux « je ne crois que ce que je vois ! ». Il est intéressant de retrouver par la Mythologie la chronologie proposée : on remonte à Apollon et à son rôle de « père du jour » sous le nom de Phébus ; fils de Jupiter et de Latone, frère de Diane, à qui on attribue la Lune, astre des nuits, il dut subir toutes les jalousies des autres dieux et déesses. D'un geste malheureux il perça de ses flèches le serpent Python, en prit la peau qu'il posa sur un trépied sur lequel les Pythonisses s'asseyaient pour rendre leurs oracles ; ce nom est encore parfois employé de nos jours pour qualifier les « voyantes extralucides » qui ont toujours la cote dans la presse en oubliant que les « horoscopes astrologiques » ont leur source chez Apollon !

Mais la jalousie est de tous siècles et on lui fit grief d'avoir, par jeu lancé un peu trop fort, un palet qui atteint son ami Hyacinthe à la tête... Il en fit une fleur et nous continuons à cultiver les jacinthes en oubliant notre dieu. Il eut bien du mal à édifier la ville de Troie et on lui suggéra de sacrifier chaque année une jeune fille troienne en l'exposant sur les rochers comme proie aux monstres marins. Cela me rappelle qu'un sacrifice identique était coutumier dans l'Ile de Pâques et j'y ai vu les sites d'exposition de la jeune victime, jetée à la mer, pour « l'homme-oiseau ».

Jupiter par pitié le chargea de répandre la Lumière dans l'Univers et en cette qualité il porte le nom de Soleil et de Phébus. On lui offrit un char pour aller d'un horizon à l'autre, trainé par quatre chevaux fougueux des noms de Ethon, Pyrois, Eous et Phlégon. Après la mort de son ami Priam, tué à Troie, par Achille, ses larmes sont à l'origine de la rosée du matin.

Mais comment faire revenir de l'Ouest vers l'Est, pendant la nuit, le char du Soleil ? On abandonne l'idée d'une terre plate, on lui donne une forme arrondie, sphérique, mais c'est toujours le Soleil qui tourne.

Lorsque Galilée propose son « héliocentrisme » il y eut un pamphlétaire pour s'indigner. Mais, ce vieux fou ne sait-il pas que c'est au Soleil et non à la Terre que Josué, voulant achever de jour un combat, a ordonné « arrête-toi sur Gédéon ». Mais cette hypothèse arrangeait bien des choses en particulier les mouvements planétaires alors que la Terre devenait une planète ordinaire ; nul n'en doute aujourd'hui et la question se pose de savoir qu'est ce Soleil qui dirige tout si énergiquement.

C'est une énorme source thermodynamique, donc thermonucléaire qui, en moyenne, depuis près de cinq milliards d'années transforme, chaque seconde, 564 millions de tonnes d'hydrogène en 560 millions de tonnes d'hélium. Il perd donc ainsi, chaque seconde, quatre millions de tonnes mais sa masse est telle qu'il a encore pour plusieurs milliards d'années de réserves. Cette perte est due à son rayonnement qu'il envoie dans toutes les directions et dont une toute petite partie – la Terre est 1.300.000 fois plus petite que lui – est suffisante pour alimenter notre planète et par exemple créer l'assimilation chlorophyllienne, indispensable aux végétaux, nous offrir la vitamine D pour l'ossification des vertébrés, dont l'homme et il est évident que sans lui la vie ne serait imaginable. Son activité interne se manifeste, régulièrement en principe et par l'observation des taches à sa surface, on a depuis 1749 dénombré celles-là et nous en sommes au 24ème cycle qui en moyenne dure 11 ans. Mais on a déjà observé un cycle de 7 ans et un autre de 17 ans !

On connait bien les caractéristiques du cycle 23 qui a été l'un des moins intenses de ces 50 dernières années. Il a présenté la particularité de connaitre un double pic : le premier le plus intense en 2000 et le second à la fin de 2001 jusqu'au printemps 2002. On sait que ses manifestations résultant des variations du champ magnétique solaire et au début de ce 24ème cycle, on constate une nouvelle diminution par rapport aux cycles précédents. Nous devons nous attendre à une activité moins intense lors du prochain maximum. Mais l'astre, par lui-même, est en pleine activité qui est surtout intérieure et le satellite SOHO qui tourne autour de lui, fait état de violentes perturbations dans l'Infrarouge et nous montre des protubérances dans ce domaine spectral. On note également des jets de particules, le vent solaire, qui quittent le Soleil à 400 kilomètres par seconde et viennent nous balayer et baigner ainsi l'intégralité du système solaire. Rassurons-nous et cela est déjà arrivé, par exemple entre 1800 et 1830 et à la fin du XIXème siècle et on s'en est réchappé !

Bernard Milet

Observations en Juillet 2013.

Lune :

  • Nouvelle le 8 à 9h16 en Gémeaux
  • Premier Quartier le 16 à 5h19 en Vierge
  • Pleine Lune le 22 à 20h16 en Sagittaire
  • Dernier Quartier le 29 à 19h45 en Bélier

 

Soleil : Dans les Gémeaux jusqu'au 20 puis dans le Cancer

 

Vénus : le soir à l'ouest-Nord-Ouest

 

Saturne : en première partie de la nuit du Sud-Ouest à l'Ouest-Sud-Ouest

Bernard Milet

 

Identification