LE COIN DE L'ASTRONOME de mars 2013

Note utilisateur:  / 1
MauvaisTrès bien 

Des plans et des tirs sur les Comètes

Ces astres errants qui viennent de très loin et certes d'un ailleurs incertain, puis s'empressent souvent d'y retourner, sont pour les astronomes de première actualité. Ce fut pour moi, parmi les premiers clichés que j'ai pu obtenir à l'Astrographe de l'Observatoire de Nice, l'occasion de réussir quelques images assez extraordinaires d'un astre qui, à l'époque a déjà intrigué les spécialistes en octobre 1965 (et non 1865 comme cela est noté dans une revue scientifique) deux amateurs asiatiques révélaient la découverte de la comète, et ce visuellement, si bien qu'elle porte leurs deux noms Ikeya-Seki. Depuis que les instruments sont automatisés on doit se contenter d'un numéro avec les initiales du site des découvertes. Il faut bien sûr, l'intervention d'astronomes pour analyser les résultats.

Dès réception d'un télégramme chiffré, afin d'être compréhensible selon un code mondialement connu, chacun dans sa langue, on était invité à rechercher un « objet » jusqu'à confirmation de sa nature. En octobre 1965, on notait un panache de plusieurs dizaines de degrés dépassant l'horizon ; Je multipliais les expositions et j'ai pu remarquer que le 21 octobre, le noyau s'était scindé en trois éléments juste après le passage à 450 000 km seulement de ce bloc de « glace sale » qui n'avait pas résisté au flux solaire. Pour beaucoup s'en était fait et on parlait d'une « comète kamikase ». Mais en extrapolant les calculs, on pouvait penser que Ikeya-Seki allait suivre son orbite ; et en effet j'ai pu confirmer au Centre International qu'elle était revenue, mais à l'aube maintenant et surtout qu'elle arborait une queue encore plus lumineuse. Uranie, notre muse, m'avait favorisé.

D'années en années et plus ou moins fréquemment, j'ai pu observer de très nombreuses comètes et la chasse était un très grand plaisir. Nous nous rencontrions entre spécialistes et par exemple, en 1972, j'ai organisé un colloque à Nice, au cours duquel un astronome, M Oort a suggéré qu'il puisse y avoir, à la limite du système solaire « un réservoir de comètes » et depuis, on l'appelle le « nuage de Oort ». Plus tard, en Union Soviétique de l'époque, tant à Leningrad d'alors qu'à Tbilissi j'ai fait la connaissance du jeune amateur Churymusov qui m'a confié une anecdote relative à la découverte de « sa comète » : il observait en compagnie de « son amie », nommée Gerasimenka (terminaison féminine d'un patronyme en « O ») ; or m'a-t-il confié, cela a semblé incongru d'associer cette personne à l'appellation d'un astre et on lui attribua le nom masculin de famille. Ce qui est un « barbarisme » est confirmé par une récente photo de Madame Gerasimenco ! devenu astronome professionnelle. On en reparlera certainement car, lancé en 2004, la sonde Rosetta, devrait la survoler puis s'y poser en analysant des échantillons, en 2014... elle restera Churymusov Gerasimenco !

L'actualité cométaire n'en est pas moins curieuse : baptisée déjà « la star du printemps » alors que le texte qui suit ce titre précise que « la comète Panstarrs, ou C'/2011 L 4 », car découverte automatiquement, sera observable pendant quelques heures, en début de nuit, le seul mercredi 13 mars 2013, vers 19h T.U. (20 heures locales) comme une vedette. Auparavant elle est sous l'horizon ouest ; pendant un moment Panstarrs échappera aux lueurs du crépuscule et sa queue passera alors tout près et un peu à gauche d'un fin croissant de Lune, Nouvelle le 11. Dès le lendemain, elle gagne de la hauteur et se trouve noyée dans l'éclat lunaire.

Toutefois, comme elle passe, le 10, à 0.3 U.A. – soit un tiers de la distance de la Terre au Soleil, elle peut subir le sort de nombre de ses sœurs qui se sont « brulés les ailes » en tombant sur lui. De plus, son numéro est précédé de la lettre C', orbite parabolique et elle ne reviendra jamais. On peut déjà espérer une plus longue observation cométaire grâce à iSON (soit les initiales de International Scientifique Optical Neturrer) ou C/2012 S1. Dès maintenant, avant son passage au périhélie le 28 novembre, à seulement 1,9 millions de km de lui, on peut la viser, par exemple le 20 novembre à l'aube, mais au ras de l'horizon près de Mercure et de Saturne. Puis, si tout va bien, le 6 décembre le matin la retrouver jusqu'en fin d'année. Je ne veux pas être « rabat-joie » mais je crains qu'il ne faille pas s'attendre à un « embrasement de l'aube ».

Bernard Milet


A suivre en mars 2013 en heures légales d'hiver :

Le Soleil : entre le 11 à 22h dans la Constellation des Poissons jusqu'au 16 avril et non dans le signe du Bélier, le 20 à 12h – c'était il y a 3000 ans !

La Lune :

 

  • Dernier Quartier le 4 mars dans Ophichius à 22h54
  • Nouvelle Lune le 11 dans les Poissons à 20h54
  • Premier Quartier le 19 dans Orion à 18h28
  • Pleine Lune le 27 mars dans la Vierge à 10h29

Equinoxe de printemps le 20 mars à 13h02

 

Les planètes : Uniquement Jupiter jusqu'en milieu de nuit à l'Ouest Nord Ouest puis Saturne prend le relais à l'Est Sud Est jusqu'au matin

 

La fête de Pâques est fixée au 31 mars car on a Nouvelle Lune le 11, donc 14 jours plus tard on arrive au 25 et le dimanche suivant est le 31 mars c'est également le jour du changement d'heures (été) jusqu'au 27 octobre.

 

Quelques phénomènes :

 

  • Le 1ER mars, à l'aube, au Sud Ouest la Lune frôle Spica
  • Le 13 (Rappel) à 20 heures, essayé de surprendre Panstarrs.
  • Du 16 au 18 mars, la Lune traverse le taureau et croise ainsi les Pleïades, Jupiter et Aldebaran
  • Peut-être, qu'après son passage au périhélie, mais alors le matin la comète Panstarrs, si elle a réchappé aux flux solaires reviendra et serait près de la Polaire vers le début de mai ; toutefois elle se réservera aux amateurs bien équipés faisant fi du « grand public » - Védéttariat l'exige

Bernard Milet

Des plans et des tirs sur les Comètes

 

Identification