LE COIN DE L'ASTRONOME de novembre 2012

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Mais où chercher le Nord... sans perdre la boussole ?

Au tout début de ma carrière, comme c'était la coutume dans tous les observatoires, il fallait faire un apprentissage, à la fois de technique et de patience en œuvrant comme assistant auprès du titulaire de la lunette Méridienne. Comme c'était exactement au milieu du siècle dernier, nos observations d'étoiles se rapportaient à l'Equinoxe 1950 pour cataloguer les astres de référence, sans qu'il faille faire intervenir la précession. Ainsi pendant plusieurs années, nos soirées qui se devaient de durer au minimum quatre heures consistaient à chronométrer le passage des astres choisis au Méridien du lieu ainsi que la déclinaison stellaire, l'ascension droite pointée au centième de seconde de temps et les hauteurs, ou mieux distances zénitales, étaient relevées au dizième de seconde d'arc (épaisseur d'un cheveu de 1/10 de millimètre à 20,6255 mètres).

Il fallait donc avoir une référence polaire et l'étoile Alpha de la Petite Ourse était observé et les calculs corrigés de l'écart entre le vrai pôle et l'astre en tenant compte des « azimuts » de la Polaire, fournis par le livre de la connaissance des Temps d'après les calculs du Bureau des Longitudes. Or à cette époque, l'axe de rotation de la voûte céleste, ou Pôle Nord, était à environ 1 degré de l'étoile – que je m'étais alors amusé à baptiser du nom d'Eléonore car c'était phonétiquement sa qualité – et il se trouve que le Dimanche 4, novembre à 1 heure du matin, elle passe au méridien mais sa hauteur est alors à 41'50'' du vrai pôle dont elle se rapproche. Elle n'a jamais été et ne sera jamais exactement polaire car au plus près vers 2100 on la trouvera à 28' près d'un demi-degré et il faudra attendre 25780 ans pour l'y retrouver, mais même pas exactement car rien dans le ciel ne se retrouve et nous basculons sans cesse au gré des attractions. On peut remonter le temps et par exemple 26 000 ans avant notre ère, la Polaire était Alpha du Dragon, célèbre en Chine et en Egypte au point que les Annales de l'empereur Houng-Ti la citent. Les Egyptiens, qui ont élevé les grandes Pyramides, ont ouvert – il y a cinquante siècles – des galeries qui permettent d'y pénétrer en visant le Pôle Nord d'alors et à Gizeh l'inclinaison était de 27 degrés, latitude de Alpha Dragon, la Polaire d'alors à son passage inférieur au méridien. il est curieux de remarquer que si l'on ouvrait de nos jours ces galeries, on pourrait y apercevoir notre Alpha Petite Ourse. A noter qu'il est impossible, à moins de les dater, de planter des piquets aux pôles ni de fixer les lignes des tropiques, car de plus notre Terre n'a pas une masse homogène et nous oscillons en permanence.

Toutes ces irrégularités, méconnues alors qu'on se contentait de définir le « mètre comme la dix millionième partie du quart du méridien terrestre », obligent les instances internationales a fixer, arbitrairement mais au plus près de la réalité, les unités astronomiques et à compter de ce jour, retenez que l'Unité Astronomique – basée sur la distance moyenne de la Terre au Soleil est (sans aucune restriction) 149 597 870 700 mètres !

Mais novembre aurait pu cette année porter un nom Jupitérien car cette grosse planète illumine du soir à l'Est-Nord-Est au matin à l'Ouest-Nord-Ouest, notre ciel nocturne. C'est aussi une période très fertile en d'autres météores que sont les essaims d'étoiles filantes et je vous invite à une série de spectacles dont voici quelques détails. Dès le 5 novembre nous allons rencontrer des poussières de la comète Encke, d'une très courte période de 3,3 ans qui forment l'essaim des Taurides Sud mais surtout le 12, on pourra rechercher les Taurides Nord entre Hyades et Pleïades, ces derniers était en période de Nouvelle Lune ce qui facilite les observations alors que leur passage en juin est diurne. On pense que les poussières qui constituent ces essaims ont été éjectées du noyau de la comète lors de son passage il y a 4700 ans. Les Taurides sont lentes et quelques-unes peuvent atteindre la magnitude de – 5, comme cela a été vu en 2005. On y distingue parfois des bolides, particules plus massives et des études montrent une variété de coloration du blanc au vert.

Il y a de plus, le 17 novembre, les Léonides, très rapides mais de trajectoires courtes et au nombre de 15 par heure. Elles sont associées à la Comète Tempel-Tuttle d'une période de 33,2 années mais ce sont surtout les passages de 1466 et 1932 qui nous ont réservé de vraies tempêtes ; on a compté parfois 130 bolides par heure, souvent entre 60 et 100. Les spécialistes espèrent des pics d'activité le 17 vers 22 heures (légales d'hiver) et l'autre le 20 vers 7 heures du matin.

Ce n'est pas tout ! le 21 un autre essaim, les Alpha Monocerotides, c'est le nom de la Licorne, peut être à nouveau actif comme en 1925 et en 1995. On a parfois assisté à des pics, de moins d'une demi-heure, avec un taux horaire moyen de 400 à 2000 étoiles filantes et il faut le surveiller en seconde partie de la nuit pour éviter la lumière lunaire.

Même si peu d'amateurs auront la chance d'y assister, il ne faut pas oublier l'Eclipse Centrale Totale de Soleil des 13 et 14 novembre. Sa trajectoire traverse l'Océan Pacifique et seule on note une zône de visibilité au Nord de l'Australie. Certains ont choisi l'extrême Nord-Est vers Cairns ; elle durera au maximum 4 minutes et n'est visible qu'au lever du Soleil. Elle fait partie de la série, le saros de 18 ans 11 jours, que nous avons pu observer le 12 octobre 1977 en Colombie puis le 24 octobre 1995 à Baratpur en Inde. Mais en consolation nous saurons le 20 mars 2015 une totale en Islande, le 9 mars 2016 une autre à Bornéo et le 1er septembre 2016, une annulaire en Afrique Centrale.

Bernard Milet

Autres phénomènes :

  • Toute la nuit du 1er au 2 novembre le rapprochement de Jupiter et de la Lune.
  • Les 11 et 12 on trouve la Lune près de Vénus et de Spica cette étoile, l'Epi de la Vierge est occultée pour les amateurs de Madagascar
  • Le 16 en soirée, voir la Lune près de Mars
  • Les 17 et 21, étoiles filantes des Leonides et de la Licorne
  • Le 27, à l'aube, environ 1,5 heure avant le jour, voir le couple Vénus-Saturne
  • Le 28 au crépuscule, suivre le rapprochement de la Lune et de Jupiter

Le Soleil : reste dans la Balance jusqu'au 22, puis passe une semaine dans le Scorpion et dès le 29 arrive dans Ophiuchus jusqu'au 18 décembre.

La Lune :

  • Dernier Quartier le 7 à 1h37 dans le Cancer.
  • Nouvelle Lune Le 13 à 23h09 dans la Balance
  • Premier Quartier le 20 à 15h32 dans le Verseau
  • Pleine Lune le 28 à 19h47 dans le Taureau.

Bernard Milet

Toute la nuit du 1er au 2 novembre le rapprochement de Jupiter et de la Lune.

Les 11 et 12 on trouve la Lune près de Vénus et de Spica cette étoile, l’Epi de la Vierge est occultée pour les amateurs de Madagascar

Le 16 en soirée, voir la Lune près de Mars

Les 17 et 21, étoiles filantes des Leonides et de la Licorne

Le 27, à l’aube, environ 1,5 heure avant le jour, voir le couple Vénus-Saturne

Le 28 au crépuscule, suivre le rapprochement de la Lune et de Jupiter

Le Soleil : reste dans la Balance jusqu’au 22, puis passe une semaine dans le Scorpion et dès le 29 arrive dans Ophiuchus jusqu’au 18 décembre.

La Lune :

Dernier Quartier le 7 à 1h37 dans le Cancer.

Nouvelle Lune Le 13 à 23h09 dans la Balance

Premier Quartier le 20 à 15h32 dans le Verseau

Pleine Lune le 28 à 19h47 dans le Taureau.

 

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